Ce matin, le -31 degrés Celsius avec refroidissement éolien m'empêchait de choisir quelle musique écouter pendant une marche qui je le savait, allait être trop pénible. Non, ce n'est pas le froid qui a eu raison de mes doigts m'empêchant de les bouger mais, la question suivante: qu'est-ce qui s'écoute bien un mardi matin à -31, alors que le givre envahi ma moustache (poétique, n'est-ce pas?) et que chaque pas est un rappel que la destination est encore trop loin. Vous savez, quand vous n'osez même pas où regarder car la neige reflète les rayons du soleils, l'ironie de l'hiver.
J'ai cru bon de compiler une playlist qui, je le croyais,
fitterais comme ma main dans mon gant, mais ça c'était avant de me rappeler que j'étais impatient et
chialeur de nature. Tout d'abord, j'ai cédé facilement à l'aspect "cocooning" de l'hiver en écoutant Ariane Moffatt, Tricot Machine et Coeur de Pirate mais plus je m'éloigne du point de départ, plus ça devient agressant de penser que l'hiver peut être une source de romantisme et que l'image du "Feu de foyer, chocolat chaud, golden retriever" existe. On passe donc à Bernard Adamus et sa réplique "C'est qui le sacrament qui a écrit vive le vent?" ou encore à Karkwa avec Échapper au sort:
Quand l'hiver de ses gants blancs, Souffle un vent qui brûle les mains. C'est comme ci la vérité de ces chansons ne fait qu'aggraver mon état de produit surgelé. Inutile de vous dire qu'à ce moment je n'ose même pas écouter le Edgar Winter Band.
On m'a déjà dit de tenter un truc de psychologie inversée, c'est-à-dire, de m'imaginer en été. Je l'ai rit celle-là: j'ai eu l'impression d'avoir eu l'air très insignifiant à écouter du Tryo et du Subb. Les accords saccadés de guitare n'aidait pas ma cause; le
clash entre la musique et les bancs de neiges bruns de la ville n'ont fait qu'accélérer mon impatience, même que, l'ironie n'était même pas drôle. "Tournament of hearts" des Weakerthans qui aborde le curling, enfonçait mon
écoerement de l'hiver alors que "Montréal -40" de Malajube n'était plus autant imagée qu'avant: j'ai croiser des gens qui semblaient être de véritables ours polaires..
La musique et l'hiver ne fonctionne pas entre eux. J'ai pourtant essayé de passer au folk et au néo-trad, pourtant ça ne devenait que de plus en plus pathétique; la chanson thème du Carnaval de Québec fut le dernier coup de couteau de cette douloureuse et abominable promenade.
Il me restait alors à écouter le seul aspect positif de l'hiver: la baladodiffusion du Sportnographe.