En 2008, la francophonie entière découvrait Radio Radio, à l’époque du quatuor hip hop/électro acadien dont les membres proviennent de Cap-Pelé, Moncton et du fond de la Baie Sainte-Marie. Le groupe a su très bien joué ses cartes : la puissance des beats d’Alexandre Bilodeau et de Gabriel Malenfant, l’intensité et le burlesque de Timothé Richard et la solidité des rhymes de Jacques Doucet. Après s’être démarqué auprès de l’équipe de Bonsound, des milliers de gens se sont mis à chanter «T’as pas besoin de prescription, ta troisième frippe est free » ou encore, l’hymne à la fête « Voulez vous venir dans ma jacuzzi » (À vous de déterminer si c’est à prendre au premier ou septième degré). S’en suit, un succès immense au Québec : des gros spectacles dont un spectacle aux Francofolies, des tournées, des vidéoclips qui ont obtenues une importante rotation à Musique Plus ou l’interprétation de la chanson thème du spécial d’Infoman 2008. Radio Radio était le groupe préféré des québécois alors qu’en Acadie, soit on les louangeais ou on se demandait « As-tu vraiment le droit de ne pas aimer Radio Radio ».Le 3 mars prochain, « Belmundo Regal », deuxième album du groupe sort en magasin sous l’étiquette Bonsound Records. Le groupe, maintenant trio (Timo a quitté le groupe l’année dernière) fera face à plusieurs défis : répéter l’exploit de « Cliché hot » en restant fidèle à leur style mais éviter la redondance du chiac. De plus, le groupe doit faire sans Timo et plusieurs se demandent comment le groupe arriverait à fonctionner amputer d’un membre.
À première écoute, on sait que le groupe est passé à un autre niveau; musicalement, c’est génial. Alexandre et Gabriel poussent les beats à un tout autre niveau. Le disque à plus de sonorités avec l’électro qu’avec le hip hop, ce qui est loin de me déplaire. Les références à la Baie Sainte-Marie me feront toujours rire jaune : réussir à ploguer « Télé-Clare » (La télévision communautaire de la Baie Sainte-Marie, reconnue pour diffuser des annonces communautaires avec la radio communautaire en arrière-plan), c’est toujours fort. Ce qui m’impressionne, c’est que Radio Radio réussi à combler aisément le vide que Timo a laissé alors que Jacques, Alexandre et Gabriel s’échangent les rimes et les répliques. Les textes sont également très solide et s’aventurent dans la critique sociale, comme sur Dekshoo ,« J’marchons pour des causes mais j’croyons rien du tout ». L’ajout de cuivres sur certains morceaux est également un bon coup et comble un vide musical. Rendu à « Guess what? », la cinquième chanson, le verdict s’annonce : on a à faire à un disque solide avec peu de failles. Je doit donner ça à Radio Radio : le groupe sait créer des chansons qui s’agencent à vos soirées les plus folles et qui sont surement plus aptes à vous faire la fête que l’île Coors Light.
Ce qui est certain, c’est qu’encore une fois, Radio Radio fera rire et danser des milliers de personnes, préparer vous à gueuler « Dekshoo » à répétions lors de vos sorties ce printemps.