Bandeapart.fm partageait hier un article de la BBC rapportant plusieurs faits sur le partage de fichiers illégaux. Ce texte nous permets également de comprendre un peu mieux toute la complexité du dossier. On observe également à quel point chacun des différents partis (Ça c'est en plus des artistes, des consommateurs de musique, de l'industrie artistique, etc.) ont un point de vue très différent sur le dossier. Avec cet entêtement, on est loin d'être arrivé à une solution qui plaira à tout le monde, s'il y en a une.
Question d'alimenter le débat, je crois que (malheureusement) il faut se poser cette première question: quelles sont les habitudes de consommation des gens qui écoutent la musique? Autant que des gens consomment encore leur musique en format physique (Disque compact et vinyle), internet est maintenant devenu une grande surface pour ceux qui téléchargent de façon légale (iTunes et Amazon) que ceux qui téléchargent leur musique illégalement. De plus, la possibilité de partage de musique et d'album complets rapidement complique la chose.
Voilà pourquoi il me semble important de mieux connaître les habitudes de consommations et ensuite d'arriver à un compromis avec l'industrie musicale pour assurer une redevance équitable et juste à tout le monde. Le problème c'est qu'il y a encore des gens qui se remplissent les poches avec le "vieux modèle" de l'industrie.
Je vous invite à consulter le graphique à cette adresse:
Les résultats sont pour le moins étonnant car, bien que les ventes de disques sont en déclin, le revenu des spectacles sont en hausse considérable. Voilà le problème, la restructuration de l'industrie devrait permettre aux artistes de recevoir une plus grosse part des revenues.
Par contre, pour l'artiste le dilemme s'impose et les choix ne sont pas si négatifs que cela après tout: faire comme AC/DC et compagnie; sortir un disque en exclusivité chez un détaillant, l'exemple de Dumas et ces quatre disques chacun paru à 10 000 exemplaires, ce qui en tout donne 40 000 exemplaires vendus, suivre l'exemple des Brian Borcherdt et Misteur Valaire qui mettent leur musique en téléchargement libre, de faire distribuer l'album à plus petite échelle mais, de le vendre pendant une tournée ce qui coupe les intermédiaires, de le sortir en plus petite échelle sur vinyle en vendant l'écoute comme une expérience. Bref la très grande majorité de ces solutions ne vont pas satisfaire ceux qui s'attendent à devenir millionnaires grâce à la musique. Pour ceux qui ont de l'audace, voilà une liste de solutions plausibles et qui permet à l'artiste, la raison d'être de tous ces débats, de recevoir sa part.
Pas d'artistes, pas de revenus pour l'industrie, that's it !
Le débat est loin d'être terminé et tout le monde semble vouloir retirer le plus de la possibilité d'une restructuration de l'industrie. Il y a un peu plus de dix ans, Napster apparaissait sur nos écrans d'ordinateurs. Les défenseurs du droit d'auteurs sont immédiatement montés aux barricade et deux ans plus tard, en 2001, Napster se voyait obligé de fermer. En criant victoire, les détracteurs de Napster ne s'imaginaient sûrement pas que la situation serait pire dans dix ans, comme quoi finalement, ces poursuites judiciaires ne servent strictement à rien. Déjà de nouveaux sites s'imposent comme alternatives à The Pirate Bay et Mini Nova.
La situation évolue assez rapidement, si tous les partis aimeraient voir naître un compromis permettant à tous des récolter le fruit de leurs efforts, on pourrait voir une solution à cette problématique très bientôt. En attendant, certains espèrent que du jour au lendemain, à force de poursuites et de stigmatisation des pirates du mp3, on va revivre les beaux jours de l'industrie musicale.
À lire:
L'analyse de Francois Lemay de Bandeapart.fm:
Quand ce dossier devient sociopolitique, l'exemple de l'Espagne:
Les nouvelles tendances en partage de fichiers, analyse d'Alain Brunet:
Et finalement, il y a le livre "Le disque ne tourne pas rond" d'Alain Brunet, paru aux éditions Coronet, pour mieux comprendre toute cette problématique de façon critique.