
Ce fut au tour d'Yves Lambert de lancer son album de reprises, après ceux de Sylvain Cossette, Claude Dubois, etc. Ce qui est intéressant de ce disque, c'est qu'il reprend des chansons traditionnelles avec la participation d'artistes bien établis; Éric Lapointe, Daniel Boucher, Laurence Jalbert, etc. Ce genre de projet s'inscrit directement dans la démarche artistique d'Yves Lambert. Or, David Desjardins, de l'hebdomadaire
Voir, se questionne quant à la validité de ces albums de reprises et de l'ampleur de ces projets sur la scène artistique québécoise. C'est alors qu'en entrevue avec
Rue Frontenac, Yves Lambert rétorque à la critique de David Desjardins. Peu importe, cette réflexion quant à la présence de ces albums de reprises est nécessaire, soit. Il faut toutefois prendre du recul et distinguer ces disques. Il me semble que le disque de reprises des Lost Fingers ou celui de Marjo n'a pas la même raison d'être. La même chose s'applique dans le cas d'Yves Lambert. C'est une question qui n'a pas fini de m'intéresser et auquel les mêmes de l'industrie artistique devront réfléchir: si à l'ADISQ il existe une catégorie "Album de l'année-reprises", je crois qu'il est valable et juste de critiquer ce concept. Toutefois, il faut également distinguer la qualité artistique de ces disques comme on le ferait pour les albums meilleurs vendeurs.
J'ai eu une montée de lait l'été dernier lorsque Martine Pratte, parolière, s'insurgeait contre ce genre de pratique. Il faut souligner que si une chanson est reprise, cela est tout à l'avantage de son auteur-compositeur et de son interprète. En attendant, personne n'a encore été capable de me convaincre du "pour ou contre" des albums de reprises. Pour l'instant, ça ne fait ni l'affaire des paroliers ou celle des chroniqueurs mais, personne ne veut tenter de changer la donne. Si on admettait que les albums de reprises font maintenant partie de notre paysage musical et culturel, je réponds "Oui et so what?". Je ne possède aucun de ces disques dans ma collection et je ne commencerai pas de si tôt. Ça me semble plutôt être la même mentalité que ceux des détracteurs du téléchargement illégal de musique, alors que cela fait désormais partie de la culture populaire.
Ça me semble plus être une question d'ordre personnelle qu'une question sociale. Peu de gens savent qu'il y a déjà eu une catégorie "Album disco de l'année" à l'ADISQ; faire cette mention c'est la meilleure réponse que j'ai obtenue.
La critique de David Desjardins:
L'entrevue de Philippe Meilleur de Rue Frontenac avec Yves Lambert:
Les nominés du dernier gala de l'ADISQ dans la catégorie "Album de l'année - reprises"
Les paroliers réduits au silence: